Programme 2013-2018

L’ensemble des activités du groupe sont ouvertes à tous étudiants, doctorants et chercheurs
 
Formation doctorale
  • Séminaire Actualité critique : formation doctorale et observatoire de l’actualité critique, rencontres mensuelles (calendrier des travaux sur le site du séminaire virtuel).
  • Doctoriales : une ou deux journées d’étude annuelles. La prochaine journée se tiendra le samedi 13 juin 2015, 10h-18h.
Programmes de recherche
  • Cycle Le "postcolonial" comparé : anglophonie, francophonie : en collaboration avec Emilienne Baneth-Nouailhetas (Université Rennes 2 / UMI TRANSITIONS CNRS-NYU). La séquence arrive à sa fin le vendredi 16 janvier 2015, avec la séance de débat au Salon de lecture Kerchache (Musée du Quai Branly, vendredi 16 janvier 2015, 18h) autour de l’ouvrage collectif qui en a rassemblé les travaux : Le Postcolonial comparé : anglophonie, francophonie, Saint-Denis, PUV, 2014.
  • Cycle Problèmes d’histoire littéraire indienne : en collaboration avec le Labex Arts-2H2 et ARIAS/CNRS. Journées d’étude avril 2013, mars 2014 ; colloque international programmé pour novembre 2015.
  • Cycle Généalogies du mondial (2014-2016) : journées d’études semestrielles, et séminaire exploratoire bimensuel.
  • Programme "Traductions de l’Afrique" : la première journée d’étude CNRS/NYU a eu lieu en mai 2012. Suite du programme en 2014.
Calendrier 2014-2015 (premiers éléments)
  • séminaire Généalogies du mondial : voir le programme ici.
  • rencontres mensuelles du samedi, 10h-13h : Séminaire Actualité critique, Paris 8, salle D 010.
  • journée de doctoriales : le samedi 13 juin 2015, 10h-18h.

Présentation : équipe, projet, travaux

Le groupe "Poétique de l’étranger" (resp. Claire Joubert) prolonge depuis janvier 2014 la visée autour de laquelle s’était formé l’ancien "Texte étranger", créé en 1996 comme groupe de recherche du Département d’Etudes Littéraires Anglaises de l’Université Paris 8 ; son laboratoire théorique et
pédagogique.

Il s’agit toujours de poser comme principe la nécessaire articulation entre
enseignement et recherche, et de développer une réflexion, d’ordre épistémologique, orientée autour des questions suivantes :

  • qu’est-ce qu’enseigner la littérature anglaise ?
  • qu’est-ce que faire de la recherche en « littérature anglaise » ?
  • qu’est-ce que la « littérature étrangère » en tant que discipline du savoir ?

En nous donnant pour problématique la question de l’étranger, nous
invitons à une réflexion qui porte sur des enjeux théoriques d’autant
plus insistants qu’ils sont aussi ceux qui agitent notre actualité – que
ce soit dans les bouleversements du concept politique de nationalité en contexte de Mondialisation,
ou dans les réformes de fond dont l’enseignement des langues fait
l’objet en France depuis une décennie. La place singulière de la littérature étrangère dans
la carte des savoirs est un poste d’exception à partir duquel repenser
non seulement le littéraire, mais aussi, avec lui, le langage et la
société.

Avec l’hypothèse d’une poétique de l’étranger, il s’agit de prendre de front la question de ce qui fait la spécificité de la « littérature étrangère » comme discipline universitaire, en nous interrogeant sur nos façons de construire notre rapport épistémologique à l’étrang(èr)eté. La question étant de savoir quelles problématisations spécifiques de l’étranger sont possibles à partir du texte littéraire, où l’étranger n’est plus seulement dans la langue comme identité nationale, mais dans l’inconnu politique qui se travaille dans le processus artistique.

Membres

- membres titulaires : Yves Abrioux, Jaine Chemmachery, Audrey Fogels, Claire Joubert, Stavroula Katsiki, Hélène Quiniou (Columbia University), Sneharika Roy (IEP Lille), Elsa Sacksick
- chercheurs associés : Emilienne Baneth-Nouailhetas (U Rennes 2), Saugata Badhuri (JNU, New Delhi), Alice Goheneix-Polanski (CNRS/NYU), Mélanie Heydari (Columbia University), Katia Légeret (Paris 8), Simi Malhotra (Jamia Millia Islamia University, New Delhi), GJV Prasad (JNU, New Delhi), Vijaya Rao (JNU, New Delhi), Laetitia Zecchini (ARIAS, CNRS)
- doctorants : Julie Beluau, Jennifer Randall, Vanessa Sylvanise, Naziha Belaidi, Amira Kassama, Vadislas Guénou
- doctorants et étudiants de M2 associés (co-tutelles, co-directions, collaborations) : Houria Ait Amour, Moumenah Al Hariri, Astride Charles, Shirin Jindani, Bhawna Kapoor, Juliette Mélia, Alice Michel, Mirentxu Pascal d’Audaux

Séminaires et programmes (ouverts à tous étudiants et chercheurs)
Collaborations

- Université Rennes 2 (co-directions thèse, séminaire "Diversité des langues et poétique de l’histoire" conduit avec E. Baneth-Nouailhetas (2005-2012), co-direction de deux ouvrages collectifs issus des travaux
- Axe "La Fabrique du contemporain", dir. Lionel Ruffel, de l’EA 7233 Littérature, histoires, esthétique (Paris 8)
- UMI TRANSITIONS, CNRS/New York University : programmes "Le postcolonial comparé : anglophonie, francophonie" et "Traductions de l’Afrique"
- ARIAS (CNRS) : programme "Problèmes d’histoire littéraire indienne", Laetitia Zecchini co-responsable
- Labex Arts-2H2 : programme "Transculturalité(s) : Arts du spectacle vivant et littératures contemporaines en Inde. La catégorie artistique et son décloisonnement", resp. Katia Légeret, en association pour le programme "Problèmes d’histoire littéraire indienne"

- Jawaharlal
Nehru University, New Delhi, Centre for English et Centre for French
and Francophone Studies (co-direction thèse, partenariat et échange
d’enseignants et doctorants, programme scientifique commun "Problèmes
d’histoire littéraire indienne")

- ENS Port-au-Prince, Haïti

Publications collectives

- Le Postcolonial comparé. Anglophonie, francophonie, sous la direction de Claire Joubert, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, 2014.
- Comparer l’étranger. Enjeux du comparatisme en littérature. Emilienne Baneth-Nouailhetas et Claire Joubert (dir.), Presses Universitaires de Rennes, 2006.
- Le Texte étranger. Travaux 2004-2006, sous la direction de Claire Joubert, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, coll° Travaux et documents n° 31 ; Le Texte étranger (2). Travaux 2007-2008, n° 43 ; Le Texte étranger (3). Travaux 2009-2012, n° 55.
- Poétique de l’étranger : revue en ligne
- Séminaire virtuel : actualité du séminaire doctoral "Actualité critique"

Programme en cours

Cycle "Généalogies du mondial"

 Séminaire Diversité des langues et poétique de l’histoire – #5

 
Généalogies du mondial
 (2014-2018)
 


en association avec : EA 1569 - Transferts critiques et dynamiques de savoirs ; Axe "La fabrique du contemporain" (resp. Lionel Ruffel, EA 7322, Littérature, Histoire, Esthétiques, Université Paris 8) ; et le Columbia Global Center in Paris (MA in HIstory and LIterature).


Comité scientifique : Maria-Benedita Basto, Jaine Chemmachery, Claire Joubert, Stavroula Katsiki, Hélène Quiniou, Lionel Ruffel, Clemens Zobel.

Lieu : Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75 006 Paris.

 

*

Calendrier 2017-2018

 

Première séance de l’année 2017-2018 :

  • le vendredi 6 octobre, 18h-21h
  • Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, Paris 6e, salle 316

Clemens ZOBEL (anthropologie/sciences politiques – Université Paris 8, LabTop Cresppa) :

Les politiques néolibérales peuvent-elles créer des communs transnationaux ? Le cas des entrepreneu-r-ses migrant-es de l’École des projets de la Région d’Île-de-France

Le programme complet 2017-2018 sera diffusé prochainement, et publié en ligne sur le carnet du séminaire : https://gdm.hypotheses.org/211.

La séance est ouverte librement à tous chercheurs et étudiants.

 

 

 

Dernière mise à jour le 19/09/2017


 

 

Calendrier 2017

 
  • vendredi 13 janvier 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 : séance consacrée au champ disciplinaire de l’histoire de l’art. 

Nous accueillons Zahia RAHMANI, auteur d’une trilogie consacrée à des figures contemporaines « d’hommes bannis », 
 Moze (2003, SW, 2016), Musulman roman (2005, SW, 2015) et France récit d’une enfance (2006, Livre de poche, 2008) aux éditions Sabine Wespieser, et responsable du domaine de recherche "Arts et architecture dans la mondialisation", inauguré en 2004, à l’Institut national d’histoire de l’art.

 

Ce programme transversal, dédié aux corpus critiques et aux pratiques artistiques à l’ère de la mondialisation, est articulé au projet de base de données interactive « Bibliographie Art et mondialisation », seul outil de référence en accès libre disponible à ce jour. Ce corpus a permis de constituer à l’INHA un fonds bibliographique unique sur la mondialisation de l’art et ses enjeux théoriques, de sa généalogie aux emprunts faits à la littérature comparée.

 

Elle a construit avec Jean-Yves Sarazin alors directeur des Cartes et plans à la BNF, l’exposition Made in Algeria, généalogie d’un territoire, présentée au Mucem jusqu’en mai 2016, ainsi que le catalogue paru chez Hazan. En 2016 elle a créé à l’IHNA, avec un collectifs de chercheurs et de commissaires d’expositions, le programme « Observatory : Global Art Prospective ». Elle est actuellement Visiting Professor à la Gallatin School of Individualized Study de l’Université de New-York.

 

 

  • vendredi 10 février 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 : carte blanche à Maria-Benedita BASTO et Orazio IRRERA : relectures d’Edward Said

 

Maria Benedita BASTO (Etudes lusophones, Université Paris 3) :

"Edward Said et la décolonisation épistémique : une philologie géographique ?"

 

Maria-Benedita Basto est Maîtresse de conférences à l’UFR d’Études Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris-Sorbonne, chercheuse au CRIMIC et chercheuse associée à l’IMAF et à IHC/Université Nouvelle de Lisbonne. Son travail porte sur des problématiques coloniales et postcoloniales autour des mémoires et de l’archive, des épistémologies subalternes et des (trans)nationalismes dans le monde lusophone, ainsi que sur les mouvements internationalistes des années 1960 et 1970 et les luttes de libération. Elle a publié entre autres A guerra das escritas. Literatura, nação e teoria pós-colonial em Moçambique, Lisboa : Vendaval, 2006, et a dirigé Littératures de l’Angola, du Mozambique et du Cap-Vert, ELA, 37, 2014, Enjeux littéraires et espaces démocratiques en Afrique subsaharienne, Paris : Éditions EHESS, 2007 ; et co-publié Literatura e independências, Via Atlântica, 39, Universidade de São Paulo, Brasil, 2015. Elle prépare actuellement un volume sur L’archive sensible. Mémoires intimes et domination dans les espaces ibériques et latino-Américains ex-impériaux.

 

Orazio IRRERA :

"Philologie et politique : la pratique de l’humanisme chez Edward Said."

 

Orazio Irrera est Maître de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, membre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP). Il est également Directeur de programme au Collège international de philosophie où il anime un séminaire sur "Les épistémologies subalternes et la critique postcoloniale". Il est membre du Conseil Scientifique du Réseau TERRA et co-directeur de la revue materiali foucaultiani. Il a coédité Foucault e le genalogie del dir-vero (Cronopio, 2014) et Foucault and The Making of Subjects (Rowman & Littlefield, 2016), et il prépare actuellement un livre sur Edward Said pour les Éditions Amsterdam.

 

  • vendredi 17 mars 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 :

 

Ce que le postcolonial fait à la philosophie / ce que la philosophie fait au postcolonial :

 

Une table ronde avec

Orazio IRRERA, Yala KISUKIDI, et Matthieu RENAULT,

du département de philosophie, Université Paris 8. 

 

Orazio IRRERA est Maître de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, membre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP). Il est également Directeur de programme au Collège international de philosophie où il anime un séminaire sur "Les épistémologies subalternes et la critique postcoloniale". Il est membre du Conseil Scientifique du Réseau TERRA et co-directeur de la revue materiali foucaultiani. Il a coédité Foucault e le genalogie del dir-vero (Cronopio, 2014) et Foucault and The Making of Subjects (Rowman & Littlefield, 2016), et il prépare actuellement un livre sur Edward Said pour les Éditions Amsterdam.

 

Nadia Yala KISUKIDI est Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, membre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP). Elle a été Vice-Présidente du Collège International de Philosophie (2014-2016) et mène, en tant que directrice de Programme au CIPh un séminaire sur la philosophie africana. Elle est membre de l’IRSE (Université de Genève). Elle a dirigé le dossier « Négritude et philosophie » pour la revue Rue Descartes (2014), a publié Bergson ou l’humanité créatrice (Paris, CNRS, 2013), et elle prépare actuellement un livre sur les reprises du problème théologico-politique dans les écritures de l’Atlantique noir.

 

Matthieu RENAULT est Maître de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, membre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP). Il est l’auteur de : Frantz Fanon. De l’anticolonialisme à la critique postcoloniale (Éditions Amsterdam, 2011), L’Amérique de John Locke : L’expansion coloniale de la philosophie européenne (Paris : Éditions Amsterdam, 2014), C.L.R. James : La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » (La Découverte, 2016).

 

 

  • vendredi 28 avril 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 :

 

Jon SOLOMON (sinologue, Université Lyon 3) :

"Indexation de la performativité et le tournant transculturelà l’époque de la restructuration fordiste".

 

Né aux États-Unis, Jon Solomon a passé plus que 25 ans en Asie avant de s’installer en France il y a 6 ans. Il mène depuis 10 ans un projet de recherche sur la biopolitique de la traduction qui s’appuie sur la théorie de la traduction élaborée par Naoki SAKAI. Chercheur qui écrit principalement en anglais et chinois, il a également traduit de nombreux ouvrages, dont une traduction chinoise de l’essai célèbre du philosophe français Jean-Luc Nancy, La communauté désoeuvrée, reste emblématique.

 

 

  • vendredi 9 juin 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 : Jaine CHEMMACHERY (Littératures anglophones, Univerité Paris 1) et Stavroula KATSIKI (Sciences du langage, Université Paris 3) : Situations littéraires mondiales et transnationales. Titres exacts précisés ultérieurement.

 

  • vendredi 23 juin 2017, 18h-21h, Columbia Global Center, salle 314 : Claire GALLIEN, Claire JOUBERT, Hélène QUINIOU : présentation du projet de recherche "Mondialités islamiques", séance exploratoire et programmatique.

 

*


Argumentaire général

 
Le dernier cycle du séminaire « Diversité des langues et poétique de l’histoire » était consacré à la mise en comparaison des pensées de la postcolonialité, à partir d’une relecture des Postcolonial Studies, et par la confrontation, théorique et idéologique, du « postcolonial » à la dimension du trans-colonial. L’histoire du colonialisme moderne était réinterrogée par celle des rapports traversiers entre systèmes coloniaux européens
concurrents, et l’histoire conceptuelle des tropes de la domination épistémique était reproblématisée par l’écoute du dissensus entre ses traditions discursives singulières dans les langues européennes vectrices de colonisation. L’amorce critique était donnée à l’interface historiquement délicate entre anglophonie et francophonie, en faisant de la réception problématique des Postcolonial Studies en France le point de départ de la réflexion[1]. L’enjeu était donc aussi de savoir ce qui se joue, scientifiquement et politiquement, dans cet accroc à la bonne « circulation internationale des idées », et dans tous les malentendus qui jalonnent le passage entre les langues – qu’ils agissent comme censure ou comme transcréation conceptuelle.
 
Dans le sillage des thématiques précédentes (le comparatisme littéraire, la traduction et les traductologies, l’idéologème « société de la connaissance » et la relation philologique entre vocabulaire et institution), le cycle 2014-2018 poursuit ce travail de critique comparatiste des pensées du rapport de différence culturelle, en prenant cette fois pour objet les concepts du mondial. Ce sont les situations d’énonciation de ces concepts dans les disciplines et dans les langues qui nous intéresseront, en tant qu’elles sont déterminées dans l’interaction critique avec l’ordre de la Mondialisation : en tant qu’elles dessinent, par là, les contours d’un nouvel état du rapport entre savoir et pouvoir.
 
Dans leur analyse généalogique des configurations contemporaines du pouvoir, les Postcolonial Studies ont construit depuis le début des années 1980 des outils qui ont rapidement démontré leur capacité à penser aussi les dimensions discursives des processus de mondialisation. Leur impact théorique s’inscrit progressivement sur l’ensemble des sciences humaines et sociales anglophones au cours des décennies où l’euphorie des décolonisations a déjà tourné en désarroi postcolonial, et se double du retour en force du libéralisme. Et dès le milieu des années 1990, elles commencent à exercer leur sensibilité aux conditions d’énonciation du savoir pour capter les premiers assemblages d’une nouvelle idéologie cognitive et géoculturelle, mais aussi pour reconnaître les continuités entre les phases du capitalisme colonialiste et la mutation « postindustrielle » du système économique mondial, dans ses poussées transnationales inédites.
 
Cette finesse analytique, puisée dans l’attention aux stratégies énonciatives des œuvres littéraires et à la poétique du discours, constitue un acquis indispensable pour travailler à articuler les effets hégémoniques actuels de la Mondialisation – contre les tentations de globalisation conceptuelle, y compris dans l’effort critique lui-même. Avec cette attention aux inscriptions matérielles du pouvoir dans le discours, il s’agit d’identifier des points critiques où les savoirs sur le mondial se nouent actuellement à la mondialisation des savoirs, c’est-à-dire où se négocient âprement de nouvelles distributions de l’équilibre hégémonique ; en particulier dans la mise en concurrence du scientifique avec « l’information » et « la connaissance », nouveaux modèles du travail intellectuel.
 
En partant cette fois d’une lecture des discours qui se sont mis en réseau discursif mobile sous l’appellation lâche de Global Studies, le séminaire veut mettre en regard les propositions des disciplines qui construisent ou reconstruisent actuellement des concepts du mondial avec leurs conditions discursives dans l’université en cours de mondialisation ; c’est-à-dire aussi sur l’horizon, géopolitiquement et linguistiquement différencié, de la société de la connaissance. Il cherchera à comprendre, par l’étude des termes dans lesquels continue à se faire le « tournant mondial » dans les études postcoloniales, et dans des pans entiers des sciences de la culture (économie et politologie, relations internationales, géographie humaine, anthropologie et sociologie, histoire mondiale et histoire connectée, world literature, et les multiples traverses disciplinaires et traveling theories essayées pour saisir le transnational), ce qui fait le caractère inédit des sciences de la Mondialisation : des sciences qui, au moment où elles se reconfigurent pour penser la Mondialisation, se trouvent aussi pensées par elle. 
 
Les étapes du séminaire chercheront à explorer les différents plans de la différenciation (analytique) des mondialisations, de l’invention (poétique) de mondialités, et des projections (politiques et activistes) de contre-mondialités, qui constituent ensemble l’espace critique de ces luttes énonciatives. Ici, les moyens critiques qui sont fournis par les frayages littéraires et par le jeu de la différence des langues seront remis à l’épreuve. Car si les processus de mondialisation contemporains exigent de repenser fondamentalement les modèles théoriques du rapport entre culture et politique, libéraux comme marxistes, qui sont pris en défaut par les désarticulations de l’Etat-nation et les captations capitalistes du culturel, il faudra descendre généalogiquement jusqu’à la radicalité de l’historicité du discours : au vif de la transaction matérielle entre sens et organisation sociale, où se renouent à chaque instant les modalités spécifiques des différentiels de pouvoir.
 
Pour continuer à théoriser la culturalité du pouvoir, on pourra donc commencer en introduisant le simple coin de la différence des langues, en posant aux Global Studies la question de tout ce qui se glisse d’enjeux critiques par exemple dans la distinction, mise en relief en français, entre mondial et global.
 
 
Repères bibliographiques : 
 

-----
[1] Le volume Le Postcolonial comparé : anglophonie, francophonie (sous la direction de C. Joubert) est paru aux Presses Universitaires de Vincennes, juin 2014.
 
 
*
 
ARCHIVES
 

 

Calendrier automne 2016

 

  • vendredi 7 octobre 2016, 18h-21h : Attention : séance annulée. Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75 006 Paris, salle 314 : séance de rentrée du séminaire. Table ronde présentant les travaux et questions en cours, et en particulier présentation et retour par Clemens Zobel (Université Paris 8) de la Journée d’étude "L’autonomie politique des réfugié.e.s/migrant.e.s" qu’il a co-organisée à l’université Paris 8 en mars 2016.

 

  • samedi 5 novembre 2016, 10h-17h, Université Paris Ouest Nanterre : 

Journée séminaire du programme transdisciplinaire

 

"Du colonial au mondial : littératures et études littéraires à l’épreuve" : 

Nouvelles perspectives, nouveaux chantiers

 

Projet soutenu par l’Université Paris Lumières, organisé par Silvia Contarini, Claire Joubert et Jean-Marc Moura, dans une collaboration avec les EA 369 (Etudes Romanes), EA 1586 (Centre des sciences de la littérature française) de l’Université de Paris Ouest Nanterre, IUF, et EA 1569 (Transferts critiques anglophones - Poétique de l’étranger) de l’Université Paris 8.

 

Université Paris Ouest
Salle de conférences - Bâtiment Max Weber

 

10h : Ouverture des travaux : Silvia Contarini (Centre de Recherches Italiennes, EA 369 Études Romanes, Université Paris Nanterre), Claire Joubert (TransCrit, EA 1569, de l’Université Paris 8 Saint-Denis) et Jean-Marc Moura (EA1586, Centre des Sciences des Littératures de Langue Française, Université Paris Nanterre, et IUF)

10h30-12h30
Modératrice : Françoise Kral, Université de Caen

Iain Chambers, Université de Naples - L’Orientale
« Mediterranean archives and migrating modernities »

Maria Calafate Ribeiro, Centre d’Études Sociales, Université de Coimbra,
« Post-mémoires d’Europe et le cas portugais »

Lidia Curti, Université de Naples - L’Orientale
« Writing borders : women’s literature of migration in Italy »

 

Débat 

Pause déjeuner

 

14h00-16h00
Modératrice : Sylvie Bouffartigue, Université de Versailles Saint-Queintin-en-Yvelines

Ottmar Ette, Université de Potsdam
« Les études transaréales et les littératures du monde : le cas de la ville de Tanger »

Pascale Rabault-Feuerhahn, CNRS – UMR Pays germaniques
« L’histoire transnationale des études orientales »

Jennifer Burns, Université de Warwick
« Transnational Italy »

 

Débat

 

CONTACT / INFO : silvia.contarini@u-paris10.fr ; claire.joubert@univ-paris8.fr ; jean-marc.moura@u-paris10.fr

 

ACCÈS : La journée a lieu au Bâtiment Max Weber
Université Paris Ouest Nanterre La Défense 
200, avenue de la République, 92001 Nanterre 
RER / Ligne A (St-Germain-en-Laye) : Nanterre Université
SNCF / gare Saint Lazare : Nanterre Université
VOITURE / bld circulaire de la Défense, dir. Nanterre (1ère sortie), droite, sortie Nanterre Université

 

  • jeudi 17 novembre 2016, 16h30h-19h30, Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75006 Paris, salle 315  :

Table ronde

"Quelle autonomie scientifique des ’Suds’ ?" 

 

avec Maria-Benedita Basto, François Cusset, Stéphane Dufoix, Claire Joubert, Matthieu Renault, Clemens Zobel

 

 

Table ronde introductive au Colloque international "La Théorie critique et le Sud Global : perspectives contemporaines", organisé par le Centre de Recherches Anglophones (EA 370, Université Paris Ouest Nanterre), le Laboratoire SOPHIAPOL (EA 3932, Université Paris Ouest Nanterre) et TransCrit (EA 1569, Université Paris 8), en collaboration avec le MA in HIstory and LIterature (Columbia Global Center), les 17 et 18 novembre 2016. Comité scientifique François Cusset, Stéphane Dufoix, Claire Joubert, Simon Tabet.

 

La journée du 18 novembre, 9h-18h30, "Re-conceptualiser la modernité. Perspectives contre-hégémoniques depuis le monde postcolonial", a lieu à l’Université Paris Ouest Nanterre, salle 2, bâtiment W (Max Weber).

 

 Programme complet :

 

Colloque international Global South - programme

 

 

 

Calendrier 2015-2016

 
  • vendredi 25 septembre 2015, 9h30-18h, Université Paris Ouest Nanterre, salle Paul Ricoeur (B 016)

 Journée séminaire "Du cololonial au mondial : littératures et études littéraires à l’épreuve"

 organisée dans le cadre du Projet UPL, par Silvia Contarini, Claire Joubert et Jean-Marc Moura, des EA 369 (Etudes Romanes), EA 1586 (Centre des sciences de la littérature française) de l’Université de Paris Ouest Nanterre, et EA 1569 (Transferts critiques et dynamique des savoirs - Poétique de l’étranger) de l’Université Paris 8.

 programme des interventions et informations pratiques :

 

  • vendredi 6 novembre 2015, 18h-21h, Reid Hall : première séance du séminaire 2015-2016, présentée par Stavroula Katsiki : Julie ABBOU (docteur en sciences du langage, ATER au Centre de Recherche sur les Migrations, Université de Lorraine) - Femmes étrangères, colons intérieurs : sur quelques discours de l’empire colonisé à Hong Kong, et Perrine LACHENAL (docteur en anthropologie, Laboratoire IDEMEC, Université Aix-Marseille et CEDEJ (Le Caire) - Faire de la self-défense féminine au Caire (2011-2012) : techniques et répertoires de l’insécurité.
  • vendredi 15 janvier 2016, 18h-21h, Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75 006 Paris, salle des conférences :

Séance du programme UPL "Du colonial au mondial : littératures et études littéraires nationales à l’épreuve"

conférence de Francisco NOA (Universidade Lurio, Moçambique) : Literary Coloniality, Nationality and Transnationality : The Case of Mozambique

La conférence sera suivie d’une table ronde animée par Maria Benedita Basto (Université Paris Sorbonne) et Graça Dos Santos (Université Paris Ouest Nanterrre). Langues : francais, anglais, portugais.

Conférence organisée dans le cadre du Projet UPL, par Silvia Contarini, Claire Joubert et Jean-Marc Moura, des EA 369 (Études romanes) et EA 1586 (Centre des sciences de la littérature française) de l’Université Paris Ouest Nanterre et EA 1569 (Transferts critiques et dynamique des savoirs, domaine anglophone - Poétique de l’étranger) de l’Université Paris 8, en collaboration avec l’IUF et le Columbia Global Center. 

 

*
 
Calendrier 2014-2015
 
Nous mènerons en parallèle une série de journées d’étude interdisciplinaires, à un rythme semestriel, et un séminaire plus régulier et plus informel, exploratoire. A partir du printemps 2015, les séances auront lieu au Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75 006 Paris. Pour l’année 2014-2015 :
  • vendredi 21 novembre, 18h-21h, Université Paris 8, bâtiment D, salle D 010 : Clemens Zobel, anthropologue, (LabTop, Université Paris 8) - Partager ou partitionner ? Le mondial anthropologique entre race, culture et capitalisme.
  • vendredi 19 décembre, 18h-21h, Université Paris 8, bâtiment D, salle D 010 : Thomas Hippler, historien (IEP Lyon) - Réflexions pour une histoire conceptuelle globale du couple guerre/paix.
  • samedi 17 janvier 2015, Université Paris 8, bâtiment D, salle D 010 :
journée d’étude "Etudes littéraires en mondialisation"

10h : René-Marc Pille (Université Paris 8) : Le concept goethéen de Weltliteratur  : origine et contextualisation

11h : Christian Helmreich (Université Paris 8) : Herder – Goethe – Forster – Schlegel – Humboldt. La notion de Weltliteratur et sa préhistoire à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle allemand

12h : Hélène Quiniou (Columbia University) : Race et Weltliteratur  : l’alternative "terrestre" des frères Humboldt

14h30 : Jean-Jacques Lecercle (Université Paris Ouest Nanterre) : Langue mondiale. Littérature mondiale ?

15h30 : Bernard Mouralis (Université Cergy-Pontoise) : Les littératures africaines : entre romantisme et mondialisation

16h30 : Dominique Combe (ENS Ulm) : à partir du débat de 2007 autour de la "littérature-monde".

  • vendredi 20 février, 18h-21h : séance bilan et débat : tour de table.
  • vendredi 27 mars, 18h-21h, Reid Hall, salle 314 :Claire Joubert, angliciste (Paris 8) - Global studies et tournants mondiaux.
  • vendredi 17 avril, 18h-21h, Reid Hall, salle de conférence : François Rastier, linguiste (CNRS, INALCO) - Cosmopolitisme, plurilinguisme des écrivains et littérature mondiale.
  • vendredi 12 juin, 18h-21h : Rémy Bazenguissa-Ganga (anthropologue et sociologue, EHESS) et Rada Ivekovic, philosophe et indianiste (philosophe et indianiste, CIPh, TERRA) - Comment dépasser l’épistémologie hégémonique ? A propos du séminaire "Quand le sud global aide à penser et dire le monde commun", qu’ils co-organisent avec Kadya Emmanuelle Tall actuellement au CIPh (cf. présentation en ligne).
  • vendredi 26 juin, 18h-21h, salle de conférence : Laurent Jeanpierre, politiste, (LabTop/Université Paris 8) - Transnationalisme abstrait et transnationalisme concret.

Cycle "Problèmes d’histoire littéraire indienne"

Les travaux du séminaire comparatiste et interdisciplinaire "Problèmes d’histoire littéraire indienne", mené par Claire Joubert et Laetitia Zecchini (CNRS THALIM / CIEAS) de 2013 à 2015, en collaboration avec le projet Labex Arts H2H "Transculturalités : arts du spectacle vivant et des littératures de l’Inde contemporaine" dirigé par Katia Légeret, sont désormais publiés :
 
sous la direction de Claire Joubert et Laetitia Zecchini,
numéro spécial, Revue de littérature comparée, n°356, oct-déc 2015,
ISBN 978-2-252-03989-2, 138 pages, 25 €.
 
Ce dossier de neuf études, formant un faisceau de sept perspectives disciplinaires croisées dans le seul espace francophone des études littéraires sur l’Inde, vise à explorer les multiples effets de diffraction qui font de la catégorie ’histoire littéraire indienne’ un objet épistémologique instable et fuyant - au sens où aucun des termes employés ici (histoire, littérature, ni même Inde) ne va de soi. Cette histoire littéraire est problématique non seulement parce que les literatures de l’Inde s’écrivent dans plus d’une vingtaine de langues majeures, mais aussi en raison de la généalogie orientaliste et coloniale des discours sur ces littératures. 
 
C’est la question centrale des manières dont on a décidé, à telle époque, dans tel pays, pour tel corpus, en fonction de tel usage ou de telle discipline, de ce qu’était la ’littérature indienne’ et de ce qui faisait ’littérature’ que nous prenons pour point de départ de notre réflexion : ce sont les avantages théoriques de cette mobilité que nous cherchons à mettre en lumière, pour leur capacité à répercuter des effets critiques majeurs sur des notions posées au fondement méthodologique des disciplines littéraires européennes - à commencer par le cadre de la nation. Réfléchir à ’l’histoire littéraire indienne’ permet ainsi d’interroger, de pluraliser, voire de provincialis les catégories d’histoire littéraire, d’histoire ou de littérature nationale et, au bout du compte, la catégorie même de ’littérature’. 
 
Le sommaire détaillé, les résumés, et les articles, sont d’ores et déjà disponibles en ligne sur Cairn : 
 
*
 
Archive du séminaire
 
Conduit en association avec Laetitia Zecchini, de l’UMR ARIAS/THALIM, ce cycle a débuté par deux journées d’étude interdisciplinaires qui ont également constitué des étapes du programme Labex "Transculturalité/s : Arts du spectacle vivant et littérature de l’Inde contemporaine - la catégorie artistique et ses décloisonnements" (2013-2015, au sein du Labex Arts-H2H piloté par Paris 8), dirigé par Katia Légeret, professeur en théatre et spécialiste du théâtre dansé indien.
 
 
Argumentaire

L’idée est d’explorer les multiples effets de diffraction qui font de la catégorie « histoire littéraire indienne » l’objet épistémologique instable et fuyant qu’il est – à la fois du fait que les littératures de l’Inde s’écrivent en plus d’une vingtaine de langues (la catégorie « littérature indienne » suscite à ce titre presque autant de difficultés que la catégorie « littérature mondiale ») et en raison de la généalogie orientaliste et coloniale des discours sur la littérature en Inde. Ce sont les avantages théoriques de cette mobilité que nous cherchons à mettre en lumière, pour leur capacité à répercuter des effets critiques majeurs sur des catégories posées au fondement méthodologique des disciplines littéraires européennes – à commencer, assez radicalement, par « national » ou « indien » ici, « littérature », « histoire littéraire » et, au bout du compte « histoire ». Le développement des études postcoloniales, conjugué à l’émergence éclatante d’une littérature indienne contemporaine anglophone sur la scène littéraire internationale depuis 1980, a donné à la littérature indienne une visibilité et même une centralité tout à fait inédites au-delà des champs scientifiques spécialisés. Comme tout phénomène de « majoration » culturelle – si on veut regarder le processus inverse à la « minoration » deleuzienne –, celui-ci s’accompagne d’effets de lissage et de mise en grand récit. Mais c’est précisément avec des forçages, artifices et omissions que le cas indien révèle avec une clarté singulière, et qu’il déborde avec toute la productivité critique propre à l’activité historique de la différence culturelle.
 
Ce programme cherchera donc à travailler l’objet « littérature indienne » dans ses multiples plans de dissémination : son éclatement entre les diverses disciplines qui se réclament de lui, mais aussi son hétérogénéité dans les différentes traditions scientifiques, européennes et indiennes, qui en tissent les savoirs. C’est pour faire résonner ce dissensus que nous voulons créer un espace de croisement critique entre spécialistes de littératures indiennes de langue anglaise et de langues régionales, mais aussi de littérature comparée, de littérature française, de théâtre et arts du spectacle, d’épigraphie, de traduction, d’études postcoloniales, en les invitant à présenter leurs travaux en cours et les spécificités de leurs perspectives sur cet objet à la fois commun et méconnaissable.
 
Première journée d’étude, avril 2013

 

<doc70|center>

 
Deuxième journée d’étude, mars 2014
 

<doc71|center>

 
Colloque international  : programmé pour novembre 2015
programme, dates et lieu à préciser.

Cycle "Le ’postcolonial’ comparé : anglophonie, francophonie"